Le Mur occidental - que les chrétiens appellent Mur des lamentations - doit être un site national et non une synagogue. C’est ce qu’a affirmé le vice-premier ministre Dan Meridor, lors d’une rencontre avec les rabbins et les leaders du mouvement conservateur américano-israélien. Les hauts représentants des mouvements conservateurs et réformistes américains ont rencontré séparément des membres du gouvernement, dont Meridor.
Ce dernier a affirmé son mécontentement quant aux récents événements qui se sont produits au Kotel : une femme a été arrêtée parce qu’elle priait avec un tallit (châle de prières) et un rouleau de la Torah - accessoires traditionnellement réservés aux hommes. Il a discuté de cet incident avec le rabbin du Mur, Shmouel Rabinovitch, mais n’a pas réussi à le faire changer d’avis : "La vérité, c’est qu’il n’y a pas d’égalité entre les courants religieux en Israël. Ce qui s’est passé au Mur occidental m’irrite. Ca ne doit pas être une synagogue. C’est un site national. Je changerai le statu quo si je pouvais, mais c’est impossible avec la coalition actuelle", a-t-il déclaré. En ce qui concerne le mariage civil, Meridor estime "inacceptable" que les couples israéliens qui ne veulent pas - ou ne peuvent pas - se marier à la synagogue, soient obligés de se marier à l’étranger.
Traitement discriminatoire ?
Lors de la rencontre, les rabbins ont exprimé leur profonde frustration : ils ont le sentiment que les leaders israéliens ne comprennent pas que des incidents comme celui qui vient de se produire au Kotel mettent en danger la relation entre Juifs américains et Israël. "Israël nous est cher", a déclaré Bill Lipsey, leader de l’importante congrégation Agudath Israël dans le New Jersey. "Nous sommes sionistes et depuis longtemps défenseurs des gouvernements et des politiques israéliennes. Mais les choses vont trop loin. Nous ne pouvons pas accepter que nos rabbins ne soient pas respectés ici et que nos conversions ne soient pas reconnues. Les courants non-orthodoxes, en particulier le mouvement Marsoti, font l’objet de discriminations et de traitements dégradants."
Yizhar Hess, directeur de la branche israélienne du mouvement conservateur, a voulu mettre en garde le gouvernement israélien : la discrimination contre les courants non-orthodoxes du judaïsme a dépassé les bornes, selon lui. "Israël ne peut pas continuer à être seulement un Etat occidental où les Juifs n’ont pas de liberté de culte."
Jérusalem Post, version française, 4 février 2010
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