Un évêque polonais à la retraite, qui fut proche de Jean Paul II, a qualifié lundi sur un site catholique traditionaliste italien "la Shoah en tant que telle (d’)invention juive", à deux jours du 65e anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz.
"S’il est indéniable que la majorité des morts dans les camps de concentration étaient des juifs, dans la liste il y a aussi des tziganes, des Polonais, des Italiens et des catholiques", a déclaré Mgr Tadeusz Pieronek sur le site Pontifex.roma.it.
"Il n’est donc pas permis de s’approprier cette tragédie pour faire de la propagande", a ajouté le prélat de 75 ans, qui fut ami du pape polonais Jean Paul II, en affirmant qu’il "n’est pas historiquement vrai que dans les camps de concentration ce sont seulement des Juifs qui sont morts". "Il y a eu beaucoup de Polonais, mais cette vérité aujourd’hui est souvent ignorée", a-t-il poursuivi.
Le camp d’Auschwitz-Birkenau, installé en 1940 dans le sud de la Pologne occupée, reste le symbole de l’horreur de la Seconde guerre mondiale et de l’Holocauste, pour avoir servi de lieu d’extermination de 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs.
Mercredi, journée mondiale de l’Holocauste, d’anciens détenus d’Auschwitz, des soldats de l’Armée rouge qui les ont libérés il y a 65 ans et de nombreuses personnalités, dont les représentants officiels d’une vingtaine de pays, notamment le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, doivent participer aux commémorations de la libération du camp et d’hommage aux victimes.
Pour Mgr Pieronek, ancien secrétaire et ex-porte-parole de l’épiscopat polonais, "alors on pourrait parler avec la même force et fixer une journée de la mémoire aussi pour les nombreuses victimes du communisme, les catholiques et chrétiens persécutés et ainsi de suite".
La Shoah est "utilisée comme une arme de propagande et pour obtenir des avantages souvent injustifiés", a-t-il encore affirmé.
"Eux, les juifs, jouissent d’une bonne presse parce qu’ils sont soutenus par de puissants moyens financiers, un énorme pouvoir et l’appui inconditionnel des Etats-Unis et cela favorise une certaine arrogance que je trouve insupportable", a-t-il ajouté.
"Certes, tout cela ne dément pas la honte des camps de concentration et les aberrations du nazisme", a-t-il dit.
Dans l’article, il a aussi estimé qu’avec le "mur" de séparation entre Israël et la Cisjordanie occupée, l’"on commet une injustice colossale à l’égard des Palestiniens qui sont traités comme des animaux et dont les droits (fondamentaux) sont pour le moins violés".
"Mais on parle peu de ces faits dont sont complices les lobbies internationaux", ajoute Mgr Pieronek, qui demande qu’"on fasse une journée de la mémoire aussi pour eux" (les Palestiniens).
Ces déclarations interviennent alors que les relations entre l’Eglise catholique et les communautés juives ont récemment connu des tensions, après la décision du pape Benoît XVI de faire avancer le processus de béatification de Pie XII, pape critiqué pour son silence face à la Shoah.
Le pape avait également provoqué l’émotion, jusque parmi les catholiques, en levant l’année dernière l’excommunication d’évêques intégristes, dont Richard Williamson poursuivi pour propos négationnistes.
Le 17 janvier, Benoît XVI s’était rendu en visite à la synagogue de Rome, plaidant pour le "dialogue" et évoquant "le patrimoine spirituel commun" entre les deux religions.
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