L’année musulmane lunaire comporte deux fêtes que l’on peut qualifier de "majeures" : celle de la rupture du jeûne qui marque la fin du ramadan appelée Aïd el-Fitr, encore connue sous le nom de ’petite fête’ et puis celle du sacrifice, Aïd el-Adha appelée également l’Aïd el-Kebir considérée comme ‘la grande fête’ encore connue sous le nom de ’fête du mouton’. Cette dernière, qui dure trois à quatre jours selon les traditions, commémore le sacrifice d’Ismaël, fils d’Abraham. En 2009, elle commence ce 27 novembre.
Dans le quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem, l’effervescence est à son comble ces derniers jours. Les touristes ont même du mal à se frayer un chemin dans les ruelles de la cité au milieu des autochtones. Quelques heures avant le début de ce qui est " la fête" par excellence, les femmes font leurs dernières emplettes pour les trois jours à venir. Les hommes achètent des cadeaux, particulièrement pour les enfants. Ils sont chargés également d’acquérir l’animal qui devra être sacrifié durant la fête ; des marchés spécifiques sont temporairement installés à cet effet à l’extérieur des remparts.
Aïd el-Adha est célébrée le 10 du mois de Dhou el-Hidja (le 12ème mois du calendrier lunaire musulman). D’après certaines études, cette fête semble avoir la même origine que celle de la Pâque juive. Toutes deux dérivent d’une fête de printemps commune à tous les nomades du Proche-Orient dont les traits caractéristiques sont l’offrande du premier lait, de produits laitiers et de jeunes animaux. Le mot "adha" signifie d’ailleurs à la fois "victime immolée" et "grand jour". Pour cette fête, il est recommandé à tout musulman d’acheter une bête, en général un mouton mais ça peut-être un bÅ“uf ou encore un chameau. Les règles musulmanes sont très strictes : les animaux doivent être bien portants. Les borgnes, les boiteux ou les galeux ne peuvent prétendre être présentés en sacrifice. Ces règles de pureté se retrouvent dans la Bible notamment dans le livre du Lévitique.
Fête du sacrifice et de la charité
Aïd el-Adha commémore le sacrifice accompli par Abraham. Le Coran ne précise pas l’identité du fils présenté en sacrifice contrairement au texte biblique qui désigne clairement Isaac. La tradition musulmane post-coranique évoquera Ismaël, le premier fils d’Abraham qui fut aussi le premier garçon circoncis avec qui Dieu fera alliance. Ainsi, Abraham est le "premier musulman" (Coran, 2, 125) et Ismaël le second. Chez les druzes, la ’grande fête’ est le souvenir du sacrifice offert par Caïn et Abel. Enfin notons que Aïd el-Adha marque la fin du mois de pèlerinage à la Mecque qui a commencé 28 jours plus tôt.
La ’grande fête’ s’échelonne sur trois ou quatre jours selon les traditions. Elle débute par une prière rituelle et publique de la communauté. Avant de procéder au sacrifice de l’animal, les fidèles se tournent vers la Mecque, prononcent des prières et demandent que leur sacrifice soit agréé. Après l’abattage rituel et le découpage de l’animal, le sacrifiant ne garde pour lui que le tiers de la bête. Le reste doit être réparti entre les proches, les nécessiteux et les étrangers y compris les non-musulmans.
La fête est empreinte d’une certaine gravité en raison de son caractère sacrificiel. Elle donne lieu à des réunions de famille, des échanges de présents ainsi que des actes de charité envers les plus démunis. L’Islam encourage aussi fortement la réconciliation entre des personnes en conflit à ce moment-là . C’est enfin l’occasion, puisque les enfants n’ont pas école, de sortir en famille, de participer à de nombreuses manifestations culturelles et folkloriques qui se sont multipliées ces dernières années aussi bien dans les Territoires Palestiniens qu’en Israël.
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