Les homosexuels juifs orthodoxes luttent avant tout pour conserver leur identité homosexuelle sans pour autant renoncer à leur identité religieuse et vice-versa. Aujourd’hui, ils sont encore le plus souvent contraints à une double vie sous peine de se faire exclure de leur communauté. Pour tenter de remédier à cette situation schizophrénique, le rabbin Ron Yosef, a créé le « premier site internet indépendant conçu pour les gays juifs orthodoxes ».
L’homosexualité masculine a beau être considérée comme irrecevable dans la Torah (Lévitique chapitre 18, verset 22), la communauté gay israélienne est l’une des plus dynamiques du monde occidental. Cette dernière est même considérée par certains groupes de pression israéliens comme un moyen d’améliorer l’image de marque d’Israël qui apparaîtrait ainsi comme un pays libéral. Concrètement, la communauté défile tous les ans à Tel Aviv mais aussi à Jérusalem depuis 2002. Cette année, les rendez-vous sont pris respectivement pour les 12 et 25 juin. En marge du cortège, il y a aussi des homosexuels juifs orthodoxes qui luttent avant tout pour conserver leur identité homosexuelle sans pour autant renoncer à leur identité religieuse et vice-versa. Aujourd’hui, ils sont encore le plus souvent contraints à une double vie sous peine de se faire exclure de leur communauté. Pour tenter de remédier à cette situation schizophrénique, le rabbin Ron Yosef, a créé HOD (acronyme hébraïque désignant les « homosexuels religieux », www.hod.org.il)), le « premier site internet indépendant conçu pour les gays juifs orthodoxes ».
Un rabbin orthodoxe dévoile son homosexualité au grand jour « Le sujet de l’homosexualité parmi les juifs pratiquants reste tabou », explique ce rabbin, l’un des rares de la mouvance orthodoxe en Israël à revendiquer son homosexualité. Lancé en février 2008, le site vise à sensibiliser la communauté religieuse, à promouvoir un dialogue dans un esprit plus tolérant et à apporter un soutien psychologique au public religieux gay. « L’acte homosexuel est prohibé par la loi juive, mais le fait d’être attiré par une personne du même sexe ne l’est pas », souligne le rabbin Yosef. « Nous pensons qu’une part considérable de la haine dont nous sommes l’objet résulte de l’ignorance ; la plupart des juifs religieux n’ont pas accès aux informations concernant l’homosexualité ». Jusqu’à la création de HOD, il existait une autre association, Atzat Nefesh destinée « à venir en aide » aux gays du milieu orthodoxe, comprendre les ramener dans le droit chemin hétérosexuel. Fondée en 2001, sous le parrainage du rabbin Shlomo Aviner, l’un des leaders du mouvement sioniste religieux, cet organisme repose sur des « conseillers de l’âme » animant des ateliers qui visent à développer le côté « mâle » des participants pour, in fine, les « libérer » de leur penchant homosexuel.
Toute autre est l’approche du rabbin Ron Yosef, qui a récemment décidé de « sortir du placard » en participant à visage découvert à Ouvda, un magazine de télévision très regardé à ceci près que les milieux orthodoxes justement ne regardent pas la télé. Son credo : s’il n’est évidemment pas question de changer la loi juive, il n’est pas davantage souhaitable de se voiler la face et d’adopter une attitude inflexible. « Notre but n’est pas de transformer le gay religieux en hétérosexuel, mais de l’aider à concilier sa double identité sexuelle et religieuse », précise-t-il. Pour ce faire,le fondateur de HOD n’a pas hésité à s’adresser directement aux leaders, éducateurs et rabbins de la communauté juive orthodoxe. Dans une lettre ouverte en dix points, il explique que les jeunes religieux ne devraient pas être obligés de se marier s’ils s’affirment homosexuels. Et il défend leur droit à participer à la vie quotidienne juive sans être mis au ban de la communauté. Une initiative approuvée notamment par le rabbin Youval Cherlo. Un soutien précieux compte tenu que ce dernier, directeur d’une école talmudique de Petah Tikvah, une ville de la banlieue de Tel Aviv, est lui aussi orthodoxe.
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