La presse titre mardi sur trois aspects distincts de la visite : l’essentiel des articles est consacré au discours du pape à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, d’autres s’intéressent aussi à l’intervention politique imprévue du sheikh Tamimi vitupérant contre Israël en plein milieu d’une soirée dédiée au dialogue interreligieux à Notre Dame (voir notre article : http://www.jerusalem-religions.net/...) et enfin à la courte rencontre entre le pape et la famille Shalit à la résidence du Président Pérès. Selon la presse israélienne, les Shalit ont demandé au pape de les aider à obtenir un signe de vie de leur fils Guilad, soldat israélien pris en otage en juin 2006 et retenu à Gaza depuis. La presse israélienne a immédiatement exprimé son désappointement après le discours du pape à Yad Vashem, la formule d’un journaliste de la télévision « une première journée décevante » résume parfaitement le sentiment général des médias israéliens.
Maariv titre à sa Une : « Sans excuse ». Les deux premières pages du quotidien sont consacrées à cette étape qui a laissé un goût amer à nombres d’Israéliens qui attendaient plus d’un pape allemand. « Le discours et la déception » est le titre de l’article principal. Un éditorial du rabbin Israël Meïr Lau, survivant du camp de Buchenwald Président du conseil de Yad Vashem, met l’accent sur « Ses mots manquant ».
Le Yediot Aharonot titre "la manqué du pape". Le quotidien reproche à Benoît XVI d’avoir qualifié les victimes de la Shoa de "tués" et de n’avoir pas mentionné le silence de l’Eglise durant cette période. De même, le journal s’étonne que le pape n’ait pas parlé du négationnisme. Il cite le président du Yad Vashem et grand rabbin de Tel Aviv : "le fait que le pape soit venu ici est déjà appréciable mais son discours "a manqué un rendez-vous historique".
Yediot souligne que le président de la Knesset et les ministres religieux du parti Shass ont décidé de boycotter l’accueil du pape à l’aéroport Ben Gourion et rappelle que Benoît XVI est une personne qui ne fait pas l’unité. Le quotidien revient aussi sur l’incident lors de la rencontre interreligieuse à Notre Dame avec le Cheikh Tayssir al-Tamini et révèle que le rabbin Shear Yashuv Cohen a voulu répondre mais que le pape s’est levé et a quitté la salle.
Enfin, le journal donne la parole au ministre Yossi Péled qui fut recueilli par une famille chrétienne durant la seconde guerre mondiale et qui fut élevé en chrétien en Belgique. Lors de la cérémonie d’accueil à l’aéroport, le pape a échangé avec quelques mots et lui a longuement serré la main : "J’ai frissonné dans tout mon corps. D’un coup, j’étais redevenu l’enfant de 8 ans qui allait à la l’église pour la première fois."
Le Jerusalem Post publie aussi en première page un article consacré au pape et à Yad Vashem. Le journal cite le rabbin Lau ainsi que Avner Shalev, Président de Yad Vashem qui exprime aussi un espoir déçu. Pour Shalev, ce discours « retenu » est « une occasion manquée ». « Je n’attendais pas une excuse mais nous attendions plus. Ce n’est certainement pas une date historique. » Le quotidien anglophone publie aussi en première page un article intitulé « L’ecclésiastique de l’Autorité palestinienne gâche la soirée interreligieuse du pape ».
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