
Sortir du ghetto
Catherine Dupeyron 7 février 2010
Franchir les barrières culturelles, voire faire sauter les verrous ethno-historiques, tel est la démarche commune de deux initiatives chapeautées par les services culturels français et présentées à une semaine d’intervalle à Jérusalem et Tel Aviv. Dans les deux cas, il s’agit de la traduction permettant de diffuser un ouvrage au sein d’un public qui n’est pas sa cible naturelle voire qui est rétif au sujet du livre. D’un côté, « Marie » de Marek Halter traduit en hébreu pour les juifs israéliens. De l’autre, « Si c’est un homme » de Primo Levi traduit en arabe. Un chassé croisé intéressant qui relève d’une démarche commune : s’adresser à l’Autre, sortir des ghettos ethno-culturels si confortables mais si sclérosants.
L’Islam au sommet de son art
Jean-Marc Binot 4 février 2010
« Allah Jamil you hibou el djamel » : Dieu est beau, il aime la beauté. Ce « hadith », parole du Prophète, aurait pu servir de préambule au merveilleux périple que nous propose Oleg Grabar dans son ouvrage Terres d’Islam, invitation à découvrir les trésors picturaux musulmans, ses œuvres calligraphiques mais aussi la multitude d’œuvres consacrées au profane. L’Islam, terreau fertile pour les créateurs dès son origine, est bien souvent méconnu de l’esthète européen plus averti de l’art occidental ou extrême-oriental. L’auteur, historien de l’art, qui a aussi écrit un livre sur le « Dôme du Rocher : joyau de Jérusalem », nous offre un panorama de cet art dans l’espace et dans le temps.
Jérusalem : l’Eglise de toutes les Nations
Myriam Ambroselli 29 janvier 2010
La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, instaurée il y a tout juste cent ans grâce à l’initiative d’un anglican et d’un catholique, a lieu dans le monde entier du 18 janvier (fête de la Chaire de Pierre) au 25 janvier (fête de la conversion de Saint Paul). Mais Jérusalem est toujours l’exception ! Pour des raisons de compatibilité entre les calendriers grégorien (Eglises d’Occident) et julien (Eglises orthodoxes), la ville Sainte célèbre ce rendez-vous durant la dernière semaine pleine du mois de janvier, cette année du 24 au 31 janvier. Et dans une ville, où la diversité des Eglises est si bien représentée, cette semaine de prière devient un pèlerinage oecuménique qui va du Saint-Sépulcre à l’église grecque catholique de l’Annonciation en passant par la cathédrale anglicane Saint-Georges, l’église du Patriarcat latin, l’église luthérienne du Rédempteur, la cathédrale arménienne Saint-Jacques, le Cénacle, l’église copte orthodoxe Saint-Antoine, l’église éthiopienne orthodoxe. Neuf célébrations dans neuf Eglises de rites distincts : l’octave de l’unité prend, ici, tous son sens.
Un député arabe israélien à Auschwitz
Equipe J&R. 26 janvier 2010
A l’aube de la journée internationale de l’Holocauste, une délégation israélienne menée par le Premier Ministre Benyamin Netanyahou se rend en Pologne pour assister le 27 janvier aux cérémonies commémoratives de la libération du camp d’Auschwitz. Aux côtés du Premier Ministre, des députés israéliens dont la présence d’un député arabe, Mohammed Barakeh, dirigeant du parti Hadash, l’un des partis arabes les plus importants mais qui compte aussi un député juif. L’initiative de Barakeh de confession musulmane a suscité nombres de critiques au sein des médias arabes israéliens. Mohammed Darawshe, co-directeur de la Fondation Abraham, publie dans le quotidien israélien Haaretz une tribune intitulée "Bon voyage, Mohammed" pour soutenir cette décision qu’il juge "courageuse" et qui permet d’établir une empathie nécessaire au dialogue entre juifs et arabes israéliens.